Quoi de plus simple et de plus exaltant que de vinifier un raisin arrivé à complète maturité, dans un état sanitaire parfait !
C'est réellement se faciliter la vie et c'est là que l'on réalise que tous les efforts apportés au vignoble portent leurs fruits.
Oubliées les journées de taille par un vent glacial. Oubliées les matinées d'effeuillage sous un soleil de plomb.
Tout devient admirable !
Alors vous comprendrez que la vinification devient une simple formalité. Pas de recette miracle, car si le raisin a tout, il donnera tout !
Par contre, si "il en manque un peu", effet millésime oblige, à nous de savoir mesurer le travail et de l'adapter.
Je n'ai composé aucun millésime de la même manière, un peu comme un peintre qui devant sa toile peint comme ça lui vient.
Jamais de consultant ni d'œnologue pour me dicter la marche à suivre. Ainsi va la vie de la Régalona sur les deux hémisphères où l'inspiration ne manque pas. Je veux créer des vins qui ne ressemblent à aucun autre, empreints d'un vraie personnalité, uniques en leur genre !
Pour moi, la vinification, c'est avant tout conduire la fermentation alcoolique à son terme, sans difficultés. Mettre les levures, indigènes, dans les meilleures dispositions afin qu'elles travaillent sereinement, dans des moûts titrant plus de 13°5 d'alcool probable.
Le vrai défi il est là, le reste c'est juste du contrôle et quelques manipulations vieilles comme le monde pour extraire couleur et tanins.
Mais un grand raisin n'a pas besoin d'être trop bousculé pour livrer tous ces trésors. Il faut savoir l'attendre, lui donner le temps de s'exprimer. Quand on a passé autant de jours dans l'année à ses côtés, à le voir se construire, il nous en a dit des choses.
Alors, si on l'a bien écouté et compris surtout, on aura plus qu'à retranscrire et le résultat n'en sera que meilleur !
Et puis le vin arrive, lentement. D'un moût sucré et pâle on le voit devenir noir, massif et gorgé d'arômes. Il se structure, s'enrichit aux côtés du raisin fermenté (le marc).
Et l'émotion sera plus grande le jour où l'on le voit naître, ce moment à part où l'on ouvre le robinet pour procéder au coulage, car la vraie naissance du vin après tout, elle est là !