L'Amérique du Sud est un continent qui me fascine, surtout pour sa culture riche, métissage de peuples autochtones et européens, souvent influencée par l'Espagne.
Que dire du Chili, ce pays extraordinaire où Dame Nature est si généreuse, si clémente. la Régalona a trouvé en ce pays un havre de paix. Cela lui confère un caractère plus doux, plus abordable !
Toutefois, l'importance du travail de la vigne reste ici plus qu'ailleurs capital. En effet, les sols jeunes et fertiles associés à une irrigation quasi-indispensable sous un soleil de plomb, donnent à la vigne une vigueur naturelle qu'il faut savoir maîtriser.
Tout le travail consiste à trouver les vignobles les mieux équilibrés, aptes à produire du grand vin. J'ai eu la chance de travailler plusieurs années dans cet univers de rêve au milieu de personnes extrêmement professionnelles, pourvues d'une véritable maîtrise de la viticulture.
Chaque région viticole du pays a sa particularité mais on peut y faire du très bon vin partout. J'ai travaillé plus exactement dans la Vallée de Curicó dans le secteur de Lontué, dont un bon nombre de vins réputés sont issus, avec Caballo Loco de Valdivieso, Cabo de Horno de Viña San Pedro et San Simon de Viña Requingua pour ne citer qu'eux.
Il y a ici un véritable potentiel sous-estimé avec des vignobles centenaires de cabernet-sauvignon uniques au monde. A ce propos, j'ai déniché une petite parcelle de cabernet-sauvignon de plus de 100 ans ! Un monument qu'il faut savoir manipuler avec douceur et intelligence pour en tirer la quintessence ! A ce noble cépage plein de sagesse, je lui ai associé la syrah qui elle vient d'une vigne plus jeune mais au potentiel non moins intéressant. Et, à dose homéopathique du carménère, qui ici peut développer des expressions magiques
La fougue de la syrah et la densité du carménère prennent toute leur mesure avec le cabernet-sauvignon plus fin et plus caricatural afin de donner un vin sans excès de générosité.
En effet, dans ce pays la tentation est grande de produire des vins « bodybuildés », des bêtes à concours !
Il n'y a alors plus de limites et l'on vient à oublier quelle est la destinée finale du vin : être bu, se servir, encore et encore !!!
Pour arriver à maîtriser tous les éléments et comprendre les subtilités du Chili, il est primordial d'être entouré par des personnes du cru, de vrais chiliens dans l'âme. Entre agriculteurs ils se fréquentent tous et la solidarité est une de leur principale qualité. Ils connaissent le pays mieux que quiconque et lorsque vous vous trouvez en climat de confiance alors toutes les portes vous sont ouvertes !
Là-bas j'ai aussi la chance de connaître des Français, ceux-ci ont décidé de faire leur vie dans ce pays magnifique. Ils sont oenologue ou négociant, connaissent parfaitement les rouages du système chilien mais surtout sont là tous les jours pour s'occuper de la Régalona chilienne quand le besoin s'en fait ressentir.