Quel meilleur moment que celui des vendanges pour vous faire partager quelques nouvelles après tant de mois de silence !
Nous ne parlerons à présent que des réalisations faites et éviterons de nous perdre dans d’hypothétiques projets qui ont parfois du mal à voir le jour.
La première, c’est la plantation en mars dernier de nos premiers plants de cépages blancs. Cela faisait longtemps que l’idée me trottait dans la tête mais les restrictions en terme de cépages étaient trop grandes. L’année 2009 a été marquée par la libéralisation des plantations de nombreux cépages avec la sortie d’une liste nationale. Cela permet de planter tout cépage référent à cette liste n’importe où en France.
Vous comprendrez que j’ai sauté sur l’occasion pour lancer à l’essai 5 cépages blancs et 1 rouge au service de La Régalona. Et sur un terroir classé en AOC Cabardès s’il vous plaît ! Par contre, l’appellation ne pourra pas être revendiquée puisque il n’y a pas d’AOC blanc ! La Régalona blanche devrait donc voir le jour d’ici 2 à 3 ans, le temps de tester le potentiel de chaque variété. Sachant que j’ai essayé de respecter les influences océaniques et méditerranéennes propres à notre belle région.
Il a été introduit en prime un cépage issu d’un climat plutôt continental, histoire de se dire qu’en Cabardès on peut décidément planter de tout !
Quels sont-ils alors ces fameux cépages ?

Sur une parcelle de 0,80 hectares il a été planté du viognier (côtes du Rhône), de la roussanne (côtes du Rhône), du petit-manseng (sud-ouest, Jurançon), du chenin (vallée de la Loire) et enfin de l’altesse (Savoie, Bugey). Pas facile à vinifier ces petites parcelles, héhéhé ! Vous comprendrez que j’ai déjà trouvé la solution, sinon j’aurai laissé les plants chez le pépiniériste.
Autrement, pour le cépage rouge, j’ai choisi le marselan. Un métisse entre le cabernet sauvignon et le grenache noir. Autrement dit, l’archétype du cépage représentatif de notre « appellation vent d’est, vent d’ouest ». Le mariage parfait qui donne qui plus est des vins d’une exceptionnelle tenu. Hélas, lui aussi ne pourra pas entrer dans le cadre de l’AOC bien que planté sur un terroir classé. L’INAO ne l’autorise pas pour l’instant, elle veut des résultats d’essais. Et bien je vais lui en donner moi, mais je ne lui garantie pas pour autant d’en faire un jour du Cabardès !

La deuxième nouvelle et non des moindres, c’est la sortie de « La Régalona », officialisée lors de Vinexpo en juin dernier. Elle a été accueillie avec beaucoup d’enthousiasme et a réellement surpris par sa finesse et son élégance, bien que née au Chili où la puissance et la lourdeur dénaturent parfois les vins.
Mais l’idée directrice dans ce projet était tout simplement de suivre la philosophie qui est la notre et de travailler cette Régalona sud américaine comme un grand vin. Le résultat est là ! Avec 3.000 bouteilles produites, cela devrait suffire à la faire découvrir à bon nombre d’entre vous ? Sortie officielle à la vente, juin 2010.
Le millésime 2008, encore en barriques, s’annonce très grand !

La troisième, c’est la signature définitive de l’acte de vente de 2,80 hectares de jeunes vignes de La Régalona m’appartenant à Eric SOULAT. Il devient l’heureux propriétaire de 1 ha de syrah, 0,90 ha de cabernet franc et 0,90 ha de cabernet sauvignon.
Ceci, en plein coeur du lieu-dit « l’arjaladière », sur le plateau argilo-calcaire à l’ouest de Ventenac. Cette transaction vient confirmer toute la confiance que je porte en Eric et vient lui démontrer la réelle envie de vouloir partager cette aventure de « La Régalona » avec lui. Pleins d’idées germent déjà entre nous mais vous n’en connaîtrez le contenu qu’une fois transformées en réalité.
La dernière nouvelle qui n’est pas la meilleure, c’est la non production de vin en 2009. Pas de Régalona ! Une année blanche décidée après le 14 juillet dernier, veille des travaux en vert d’avant vendange. Tout simplement pour éviter l’avance de fournitures alors que le domaine est endetté suite aux évènements que vous connaissez.
Cette décision, des plus sage, me libère du temps pour préparer l’avenir. Mais à vrai dire, je n’avais pas du tout le cœur à faire du vin cette année, même si le millésime s’annonce grandiose. Il y aura donc un trou supplémentaire dans les cuvées de La Régalona. Mais qu’importe, je vous le répète, on ne fait pas ça pour l’argent ! Jamais je ne me forcerai à faire du vin pour dire de faire du vin !
Par contre, nous avons décidé de sortir les quelques hectolitres de 2008 sauvés du naufrage, même si cela ne devrait pas représenter trop de bouteilles (environ 1.200).
Ce qui veut dire que seuls les millésimes 2005 et 2009 manqueront à l’appel.
« Les choses les plus belles sont celles que souffle la folie et qu’écrit la raison » (Gide)